Le cerveau triunique et le conflit

 

Qu’est ce que le cerveau triunique?

Le cerveau triunique est un modèle de représentation de notre cerveau comme une combinaison de trois cerveaux (tri-unique) apparus successivement au cours de notre évolution.

Cette configuration en “étages” fait en sorte que le cerveau gère d’une manière bien précise les choses que nous percevons.  Dans cet article, nous verrons plus particulièrement comment le cerveau gère le conflit.

L’apparition des différents cerveaux au cours de l’évolution et leurs rôles respectifs:

 

Le premier de nos trois cerveaux à être apparu est le paléo-cortex (correspondant au tronc cérébral) - que nous appellerons le reptilien pour plus de simplicité. Il est apparu il y a environ 400 millions d’années au moment où les poissons sont sortis de l’eau pour coloniser la terre ferme.
Il est doté d’une mémoire à très court terme.
Il est le siège de l’instinct et de l’action-réflexe.
A la naissance, il est déjà complètement développé et contient un “programme” qui ne pourra pas être changé. Il contient les “routines” de base qui nous maintiennent en vie.
Il analyse constamment ce que nous percevons  et c’est celui des trois qui est le plus rapide pour traiter l’information.
Dans le conflit il gère uniquement ce qui est potentiellement mortel.
Lorsqu’il est confronté à une situation potentiellement mortelle, il n’a que deux façons de réagir: La fuite ou l’attaque (dans cet ordre, car il privilégiera toujours la fuite si c’est possible).
Dans le conflit, il va gérer les comportements de type survie.

 

Le deuxième de nos trois cerveaux à être apparu est le méso-cortex (correspondant au cerveau limbique) - que nous appellerons le mammifère. Il est apparu il y a 65 millions d’années en même temps que les premiers mammifères.
Il est doté d’une mémoire à moyen terme.
Il est le siège de l’émotion et des relations sociales.
A la naissance ce cerveau est lui aussi complètement développé.
C’est lui qui contient les valeurs et les croyances. Il va stocker ce qui est appris pendant l’enfance et se modifiera très peu après cette période.
Il gère les conflits liés à notre position sociale.
Dans le conflit, il va gérer les comportements de type rituel.

 

Le troisième et dernier de nos cerveaux à être apparu est le néo-cortex qui est apparu il y a 3,6 millions d’années et que nous pouvons considérer comme étant spécifique à l’humain (bien que des exceptions existent).

Il gère la mémoire à long terme, le langage, le raisonnement et tout ce qui concerne l’apprentissage “complexe” : le cerveau mammifère est suffisant dans la petite enfance pour apprendre “qu’il ne faut pas mettre les doigts dans la prise” mais l’apprentissage de tâches comme la lecture par exemple vont nécessiter l’intervention du néo-cortex.

Contrairement aux deux autres cerveaux qui sont “prêts à l’emploi” dès la naissance, le néo-cortex, lui, ne commence à se développer qu’au moment de la naissance.

Ce développement tardif est lié à deux paramètres spécifiques à l’espèce humaine : le mode de locomotion bipède et la grande taille du cerveau.

En effet la démarche bipède influence la forme du bassin ce qui le rend moins performant pour l’accouchement, un enfant avec un cerveau complètement développé ne pourrait pas naître. Les enfants naissent donc avec un cerveau partiellement développé pour faciliter l’accouchement.

C’est cette naissance prématurée qui rend les enfants humains complètement dépendants de leur mère pendant les premiers mois de leur vie (contrairement aux autres mammifères dont la plupart sait - par exemple - marcher seulement quelques heures après la naissance).

Le néo-cortex possède enfin deux aptitudes qui lui sont propres : le raisonnement abstrait et l’anticipation.

Il est capable de manipuler mentalement des concepts pour créer de nouvelles situations.

Il peut “prévoir” l’avenir associant des contextes et des évènements pour en tirer des conclusions plus ou moins exactes. Par exemple vous utilisez ces deux capacités lorsque vous achetez les ingrédients et que vous suivez la recette nécessaire à faire des crêpes ou quand vous évitez d’aller vous promener seul la nuit dans un quartier dangereux parce que “en général” les gens qui y vont le soir se font agresser.

 

Voilà pour l’architecture! Maintenant parlons hiérarchie…

La partie particulièrement intéressante de l’histoire, c’est de savoir qui est la patron parmi ces cerveaux.

Alors à cette question, je reçois souvent des paquets de réponses mais rarement la bonne.

Certains me disent que les trois cerveaux se partagent le pouvoir dans une sorte de démocratie intracrânienne, d’autres que c’est forcément le néo-cortex qui dirige (évolués comme nous le sommes), d’autres plus rares proposent le mammifère mais rares sont ceux qui voient le reptilien comme général en chef…

Ces réponses sont intéressantes pour se faire un idée de la nature des gens qui les proposent.

Premièrement, d’un point de vue purement naturel la démocratie n’existe pas, un bateau n’a qu’un capitaine, une meute qu’un seul chef et dans notre cerveau c’est pareil.

Le deuxième cas est pour moi le plus intéressant et mérite une petite parenthèse :

Les gens qui partent du principe que c’est le néo-cortex qui dirige ont souvent le même profil. Ces gens ont tendance à trouver dégradant le fait de fonctionner comme n’importe quel autre mammifère, ils se considèrent trop évolués pour partager des caractéristiques avec les animaux et - fait amusant - ils sont si évolués qu’il ont souvent le même genre de réactions face à la remise en question - ils se braquent comme des enfants en refusant la discussion.

Comme je l’ai dit plus haut, les croyances et valeurs sont ancrées au niveau mammifère ce qui les rend à peu près impossible à modifier (et invalide leur opinion puisque si le raisonnement ne peut influencer leurs croyances c’est que le néo-cortex ne dirige pas), il ne sera donc probablement pas possible de convaincre cette catégorie de personnes (personnes qui pensent pouvoir plier l’univers selon leurs principes et qui feront l’objet d’un article spécial).

Quoi qu’il en soit, pour ceux qui restent je finirai cette parenthèse sur un peu de philosophie :

Pour moi l’équilibre personnel passe par la connaissance de soi, ses capacités, ses limites,...

Donc dans ces conditions, accepter que je fonctionne en grande partie comme n’importe quel autre mammifère ne va pas pour moi être dégradant mais plutôt me permettre de mieux me connaître pour mieux me servir de cet outil qu’est mon cerveau et au final tendre vers une version de moi qui sera meilleure, plus adaptées et plus évoluée.

En plus, je trouve ça rassurant que mon fonctionnement interne repose sur un mécanique efficace et éprouvée sur des millions d’années avec un mode d’emploi relativement simple.

Pour revenir à ma question de départ : Quel est le cerveau qui dirige?

Ceux qui ont répondu le mammifère ont au moins l'honnêteté de reconnaître qu’ils sont parfois “esclaves” de leurs émotions mais la bonne réponse était le reptilien.

Le reptilien est le grand chef, le mammifère est le sous chef et le néo-cortex est l’enfant de 12 ans qui dit que c’est lui le chef quand il est seul à la maison 15 minutes.

La hiérarchie étant établie, revenons au “mode d’emploi relativement simple” dont je parlais plus haut.

Dans le cerveau, l’information est filtrée du bas vers le haut, du reptilien vers le mammifère puis vers le néo-cortex.

Ce filtrage se fait sur base de critères simple que nous avons vus plus haut :

  • Le reptilien gère les problèmes potentiellement mortels.
  • Le mammifère gère les questions sociales et hiérarchiques.
  • Le néo-cortex gère ce que les deux autres ne gèrent pas. 

Dans la pratique, imaginons que le cerveau est soumis à un stress soudain.

  • D’abord le reptilien va se poser la question : “suis-je en danger de mort?”
    • Si la réponse est oui, il se pose une deuxième question : “m’est-il possible de fuir?”
      • Si la réponse est oui, je fuis.
        Exemple : Une voiture me fonce dessus, je l’esquive de justesse.
      • Si la réponse est  non, j’attaque.
        Exemple : Je suis menacé par un prédateur et je suis coincé, j’attaque pour sauver ma peau.
    • Si la réponse est non, il passe le relais au mammifère.
  • Le mammifère se pose la question : “ma position hiérarchique est elle mise en cause?”
    • Si la réponse est oui, c’est un défi.
      Exemple : Je participe à un match de boxe dans lequel mon titre est mis en jeu.
    • Si la réponse est non, il passe le relais au néo-cortex.
  • Le néo-cortex peut maintenant commencer à raisonner.

Comme une image vaut souvent mieux qu’un long discours, je vous ai fait un petit schéma.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notez les termes “Survie” et “Rituel” ces deux notions feront l’objet du prochain article.
Lo.

 

 

 

 


 

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